Baie du Mont Saint-Michel : cette association satisfaite du premier test de lâcher d’eau

Depuis sa création en 1972, l’AGEB, l’Association des amis du site de Genêts (Manche), participe à la sauvegarde et à l’amélioration du patrimoine de Genêts, du Mont-Saint-Michel et de sa baie.

Elle contribue à la protection de sa faune et de sa flore, à la diffusion et à la connaissance de son histoire et soutient les initiatives culturelles locales.

L’association participe aussi régulièrement aux conférences sur le Mont Saint-Michel et son environnement et suit plus particulièrement les études techniques consacrées à la baie et à en ensablement.

Un premier test de lâcher d’eau positif 

Dans cette optique, l’AGEB alerte depuis plus de dix ans les pouvoirs publics à propos de la fulgurante montée des sables consécutive à la mise en service du barrage sur le Couesnon et ses deux lâchers d’eau quotidiens en dehors des marées.

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L’association a réussi à avoir gain de cause en obtenant deux phases de tests de quatre mois chacune avec quinze jours par mois sans lâcher d’eau.

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La première phase, commencée le 1er janvier, a été impressionnante. Dès février, la Sée-Sélune s’est déplacée pour divaguer naturellement vers Tombelaine. Nous avons pu le constater tant par le dernier relevé LIDAR de mars 2025 que par les vues satellites. Mais dès le mois de mai, le retour des lâchers d’eau a entraîné son déplacement vers le Mont et la vase a continué à s’étendre !

Florence Beauchais, la présidente  
Florence Beauchais, présidente de l'AGEB.
Florence Beauchais, la présidente de l’Association des amis du site de Genêts (AGEB) a animé l’assemblée générale, samedi 9 août 2025. ©La Gazette de la Manche

Un second test prévu du barrage sur le Couesnon

La deuxième phase de test commence le 15 août.

« Comme les rivières ne sont pas en crue et ont moins de force, elle sera aussi, très intéressante », souligne Florence Beauchais. « Nous verrons si les conséquences sont aussi visibles, et si l’équilibre hydraulique qui en découlera sera moins néfaste à l’arrivée des sédiments dans notre zone nord-est, et donc moins néfaste à la faune maritime, car les coques et les crevettes ont disparu et les saumons deviennent très rares. »

La tangue, un or gris

L’AGEB demande que « tout soit fait pour que dès le 1er janvier 2026, un arrêté soit pris pour pérenniser ce nouveau fonctionnement. Il peut y avoir des améliorations à prévoir, mais garder le fonctionnement ancien nous mène vers un drame écologique et environnemental, en transformant notre baie en un chenal qui mène au Mont Saint-Michel entouré de vase et d’herbus. »

Consciente néanmoins que les herbus vont continuer de gagner du terrain à court terme, l’association, réclame, afin de stopper ce phénomène, et d’ôter des sédiments qui n’auraient pas dû être là, à pouvoir créer un « cercle vertueux » en se servant de la tangue (les sédiments déposés dans la baie) pour amender les terres agricoles. Elle demande un changement de législation pour que « cet or gris, actuellement considéré comme un déchet, puisse être prélevé pour endiguer la catastrophe qu’est le bouchon qui est en train de se créer à l’est de la baie. »

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Protéger les hermelles

L’association a également intenté un recours gracieux puis contentieux contre l’arrêté inter-préfectoral de protection des hermelles, un petit ver marin.

« C’est en comprenant ce que sont les hermelles qu’elles sont le mieux protégées », souligne Florence Beauchais. « L’interdiction de pêcher à moins de trois mètres ne correspond pas aux analyses scientifiques faites, qui déclarent elles-mêmes le non-lien de causalité apparent entre la pêche à pied et le développement ou non des hermelles. Nous avons répondu en avril au mémoire en défense de l’administration. Le dossier est toujours en cours d’instruction, sachant que l’arrêté est à ce jour appliqué. »

Une communication accrue

Afin d’expliquer au mieux ses engagements, faire connaître l’état de la baie et accélérer la prise de conscience, l’AGEB, qui s’est dotée d’un comité scientifique, a créé un groupe Whatsapp de l’Observatoire de la Baie. Chacun peut y adresser ses constatations et observations en indiquant les coordonnées GPS afférentes. L’association, présente lors des fêtes villageoises de Genêts et de Vains, a par ailleurs développé ses moyens de communication (Site internet, compte Instagram) en créant une chaîne YouTube. Les premières rencontres de la baie, organisées en 2024, connaîtront une deuxième édition en 2026.

Contact. AGEB, l’Amirauté, 19, rue de l’Entrepont, 50530 Genêts ; courriel : [email protected]. Site Internet : https://www.ageb50.fr ; cotisation : individuel, 5 € ; amis, 10 € ; bienfaiteurs, à partir de 20 €.

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