
Partir de Nantes, rejoindre le Mont-Saint-Michel en cinq jours, avec le strict minimum, essentiellement en course à pied : le projet peut sembler démesuré. Pour Laurent Goury, il s’agit surtout d’un nouveau défi, à sa manière. « J’aime me donner des buts, faire des choses qui sortent du lot », résume-t-il simplement. Le départ se fera de Nantes, au pied de chez lui, direction le Mont-Saint-Michel, avec une ambition de près de 500 km en cinq jours, soit environ 100 km par jour. Laurent Goury sera toujours en binôme, accompagné notamment de Pierre Chaussivière, qui partagera l’aventure avec lui sur une partie du parcours.
Un vélo et une carriole transporteront le nécessaire : de quoi dormir, se laver, cuisiner.
Ce n’est pas de la survie, mais presque. L’idée, c’est de partir avec le strict minimum et de pousser nos limites.
Sur le parcours, d’autres amis ou anciens élèves boxeurs viendront parfois se joindre à l’aventure sur certaines étapes.
« La boxe crée des liens très forts. Il y en a que je connais depuis vingt ans, et on s’entraîne toujours ensemble », raconte celui qui reste, pour beaucoup, « le coach du quartier ».
Un défi pour l’association et Jean-Marie
Si Laurent Goury a choisi d’associer ce défi à la Banque humanitaire, ce n’est pas par hasard.
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Derrière l’initiative sportive, il y a surtout une histoire humaine, une fidélité qui remonte à plus d’un quart de siècle.
C’est à la fin de sa détention, alors qu’il purgeait une peine assez sévère prononcée peu après sa majorité, qu’il croise la route de Jean-Marie Roussière, président de la Banque humanitaire.
Une rencontre qui ne l’a jamais quitté.
Si je suis ce que je suis aujourd’hui, c’est parce qu’il y a eu plein de gens bien sur ma route. Mais Jean-Marie a participé à ça. Si je ne l’avais pas rencontré, peut-être que je n’aurais pas fait les mêmes choses.
Laurent Goury ne cache pas son émotion quand il évoque ce lien.
Je le fais pour Jean-Marie. C’est une personne adorable, un mec de cœur. J’ai envie de faire ça pour lui, pour tout ce qu’il a fait pour moi dans le passé. C’est ma manière de le remercier.
Jean-Marie Roussière, lui, s’est immédiatement associé au projet, trouvant même le vélo et la carriole nécessaires à l’expédition.
En échange, Laurent Goury distribuera des flyers de la Banque humanitaire, association basée au Pallet dans le Vignoble nantais, dans les communes traversées, avec un drapeau de l’association fixé sur son attelage.
« Je voulais partir avec mon vieux vélo et deux sacoches. Jean-Marie a tout de suite embarqué dans l’aventure », raconte-t-il en riant.
Un homme qui parle avec ses actes
Ancien boxeur professionnel, entraîneur pendant des années, Laurent Goury ne se définit pourtant pas par son passé sportif.
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À bientôt 50 ans, il continue à s’imposer une discipline impressionnante, avec plusieurs heures de sport par jour, des marathons réguliers et des défis à travers le monde. Mais pour lui, l’effort n’est jamais seulement physique.
Je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup. J’ai toujours exprimé mes émotions par les gestes, par ce que je fais pour les autres.
C’est ainsi qu’il a gravi le mont Fuji en courant lorsque sa femme luttait contre un cancer, ou qu’il s’est lancé dans d’autres épreuves au Pérou, en Bolivie ou dans le Haut Atlas.
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Cette marche de 500 km s’inscrit dans la même logique : un défi physique, mais surtout un geste profondément personnel. « Ma manière de remercier les gens, c’est de faire des choses pour eux », dit-il.
« Montrer qu’à 50 ans, il faut encore y aller »
Aujourd’hui, Laurent Goury se dit heureux, entouré de sa famille, toujours très investi auprès des jeunes qu’il entraîne encore de façon informelle.
Il voit aussi dans cette aventure un message plus large.
J’aime montrer aux gens que même à 50 ans, il faut y aller, il ne faut rien lâcher. L’être humain peut faire beaucoup de choses, à condition de trouver sa voie et de s’y mettre vraiment.
Pour lui, le défi ne se résume pas aux kilomètres.
Il parle aussi de dépassement de soi, d’entraide, de fidélité.
Et peut-être, simplement, de gratitude. Celle qu’on exprime parfois mieux en marchant 500 km qu’avec de longs discours.
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