Deux anciens parachutistes du 8e RPIMa de Castres s’élanceront le 18 août pour une marche solidaire de plus de 1 000 kilomètres entre Mazamet et le Mont-Saint-Michel. Objectif : soutenir les blessés de guerre, sensibiliser au syndrome post-traumatique, militaire comme civil, et briser le silence autour des blessures invisibles qui touchent aussi les familles et les proches.
Ils partiront le 18 août prochain avec un sac sur le dos, des kilomètres pleins les jambes et surtout une cause chevillée au corps. Deux anciens parachutistes du 8e RPIMa de Castres se lanceront dans une aventure hors norme : rallier le Mont-Saint-Michel depuis le sud du Tarn, soit plus de 1 000 kilomètres parcourus en 43 jours, au profit des blessés de guerre et des victimes du syndrome post-traumatique.
À l’origine du projet, Patrick Belotti, 55 ans, ancien du régiment castrais pendant vingt-deux années et aujourd’hui président de l’association des Vétérans paras, installée à Bout-du-Pont-de-l’Arn. À ses côtés, le lieutenant-colonel Jean-Yves Pencreach, lui aussi ancien du « 8 », partagera l’effort. Un troisième compagnon, Patrick Nodin, assurera la logistique à bord d’un camping-car.

Derrière ce défi sportif se cache avant tout un message à partager : « On parle souvent des morts, rarement de l’après », résume Patrick Belotti, qui évoque les blessures invisibles, celles qui ne disparaissent pas au retour à la vie civile. Le syndrome post-traumatique touche de nombreux militaires revenus d’opérations extérieures. Mais les anciens parachutistes tiennent à élargir le spectre aux pompiers, policiers, gendarmes, soignants, victimes d’attentats ou d’accidents graves.
« Beaucoup assimilent cela à une dépression. En réalité, on est bien au-delà. Et ce ne sont pas seulement les victimes qui souffrent, ce sont aussi les familles, les conjoints, les enfants », explique l’ancien militaire, qui a côtoyé de nombreux camarades confrontés à ces blessures invisibles. Pour les organisateurs, cette marche veut contribuer à briser un silence encore trop présent autour de ces souffrances. « Il ne faut pas oublier ces gens-là », insiste-t-il.
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Le départ n’a d’ailleurs pas été choisi au hasard. Le 18 août marque l’anniversaire de l’embuscade d’Uzbin, en Afghanistan, au cours de laquelle plusieurs soldats français avaient perdu la vie en 2008, parmi lesquels des militaires du régiment castrais. Une date symbole pour rendre hommage à tous les soldats tombés en Opex.
« Ne laisser personne derrière »
L’arrivée est prévue le 26 septembre au Mont-Saint-Michel, trois jours avant la Saint-Michel, patron des parachutistes français. Pour relever le défi, les deux hommes se préparent depuis plus d’un an et demi. Marche, vélo, entraînements répétés : rien n’a été laissé au hasard. Car avaler plus de mille kilomètres exige une préparation minutieuse.
« Le plus dur sera probablement le musculaire et les ampoules », sourit Patrick Belotti, qui se rappellera sûrement au bon souvenir des aventures de ses années au « 8 ». L’initiative se veut également participative. Tout au long du parcours, particuliers, associations ou anciens militaires pourront accompagner le convoi sur quelques kilomètres, une demi-journée ou davantage. Une manière de transformer cette aventure individuelle en véritable chaîne de solidarité.

Les derniers kilomètres promettent d’ailleurs une image forte : plus d’une centaine de personnes devraient rejoindre les marcheurs à Saint-James, en Normandie, pour parcourir ensemble les 26 derniers kilomètres jusqu’au Mont-Saint-Michel. L’ensemble des fonds récoltés sera reversé au Foyer des Invalides, à Paris, qui accompagne les militaires blessés dans leur reconstruction. Une cagnotte Leetchi a déjà récolté 5 700 €.
Chez les militaires, une devise revient souvent : ne laisser personne derrière. Cette fois encore, elle guidera chacun de leurs pas.
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