
« Perdre un animal de compagnie, c’est dire adieu à un membre de la famille. Nous savons combien cette étape est douloureuse ».
Ces propos de Yves-Antoine Rebillard sembleront exagérés aux uns, mais tellement vrais pour ceux qui, des années durant, ont partagé leur temps, leur espace, leur amour, avec un compagnon animal, chat, chien ou autres.
Leur rendre un dernier hommage, au cœur du cadre apaisant de la baie du Mont-Saint-Michel (Normandie), c’est ce que propose ce natif de Mayenne, installé aujourd’hui en Bretagne. Récit d’une création d’entreprise, insolite, construite sur une histoire personnelle.
Au départ, une histoire personnelle
Yves-Antoine Rebillard est de ceux-là. Originaire de Landivy, en Mayenne voisine, il a toujours vécu entouré d’animaux.
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Quand j’ai perdu mes parents, Extra, leur chienne a été mon plus grand soutien. Son décès, en 2023, a été un nouveau deuil. Ce lien m’a convaincu de créer ce lieu, au cœur de la baie du Mont Saint-Michel, un site paisible, respectueux, à la hauteur de l’amour que ces compagnons nous ont donné.
Le jeune homme, établi à Rennes (Bretagne), a racheté le terrain à Courtils où, en 2018, Jean de Montgolfier avait créé Envol’Funéraire. Cette société proposait la dispersion dans la baie du Mont Saint-Michel de cendres funéraires, humaines celles-ci, par drone.
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Dispersion en pleine nature
C’est sur ce site apaisant et hors du temps, avec vue sur le Mont Saint-Michel, qu’il explique son concept, inédit.
Maya, le chien de compagnie et d’assistance de sa sœur, gambade autour de lui.
« Quand j’ai acheté le terrain, j’étais encore salarié. J’ai été licencié en avril dernier, c’est là que je me suis dit, je vais en faire quelque chose. Aujourd’hui, beaucoup de personnes passent par la crémation de leur animal de compagnie, mais que faire des cendres. Les crématoriums animaliers n’ont pas tous des espaces de dispersion. Dans un jardin ? Mais que faire en cas de déménagement ? Ici, je mets le terrain à disposition et un salon de jardin à disposition pendant une heure trente. Les personnes peuvent ensuite revenir dans ce cadre magique quand elles le souhaitent ».
C’est ainsi qu’est né Ulltim’Air, en 2025. Ces premiers clients sont venus de Saint-Hilaire-du-Harcouët (Manche), mais aussi de Nantes (Loire-Atlantique), indice que la demande existe.
Pas de monuments funéraires
Rien ne donne à penser qu’il s’agit là d’un lieu de recueillement. Le site est enherbé, bordé de haies, le long de la voie verte piétonne et cycliste de cheminement de Pontaubault vers Le Mont Saint-Michel. Les règles du domaine public maritime s’imposent : pas de construction fixe. Les monuments et stèles ne sont pas autorisés, mais Yves-Antoine Rebillard suggère un galet symbolique. « J’envisage d’acheter une bulle transparente pour remédier aux intempéries ». La pluie et le vent sont fréquents dans cet écrin patrimoine mondial Unesco.
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Un rêve d’universalité
Dans le périmètre du Mont Saint-Michel, deuxième monument national le plus visité de France après l’Arc de Triomphe, Yves-Antoine Rebillard extrapole son projet. Il réfléchit au drone « pour plus de majesté et… Je rêve peut-être, mais pourquoi pas capter une clientèle étrangère. Au Japon, il y a plus d’animaux de compagnie que d’enfants… »
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