« Je revis » : avec un exosquelette, Géraud Paillot gravit le Mont Saint-Michel

« Je revis normalement », jeudi 19 septembre 2024 au Mont-Saint-Michel, le Malouin Géraud Paillot rayonne. Il est 14 h 30.

Entouré de bénévoles de l’association Aventure Hustive, il se prépare à accéder à la terrasse ouest de l’abbaye, celle qui lui donnera un point à 270 degrés sur la baie du Mont-Saint-Michel.

Il n’empruntera pas la Grande-rue qui, outre l’affluence touristique à cette période encore, lui imposerait quelque 150 marches supplémentaires.

Je me déplace sans me poser de question…

Géraud Paillot, malade de la sclérose en plaques

« C’est une première », lance-t-il jovial. « Je fais ce que je ne faisais plus depuis vingt ans, quand les médecins m’ont annoncé que le sport s’était fini pour moi ».

S’il accumule depuis les performances sportives : médaillés d’or de nage en eau à 0°, traversée de la baie du Mont-Saint-Michel à la nage… celui qui a aussi porté la flamme olympique, se délecte de retrouver des activités ordinaires : faire des courses, se promener et « me déplacer sans me poser de question, renouer le contact sans être un boulet. Le plus dur dans la maladie chronique, c’est l’isolement… ».

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Intelligence artificielle et mécanique

Depuis quatre mois, il apprivoise son outil d’assistance à la marche : une ceinture équipée d’un boîtier intelligent et d’une batterie et des attelles, fixées à hauteur des genoux et des chevilles.

Quelque huit kilos, arrimés sur ses membres inférieurs, « et sur un pantalon sans pli, non pas pour le repassage, s’amuse-t-il, mais pour éviter les brûlures de frottement ».

Un mélange d’intelligence artificielle, de mécanique et de technologie, découvert, il y a deux mois, au centre de rééducation Saint-Hélier du pôle neurologique, à Rennes.

« Depuis deux mois, je l’utilise tous les jours et je monte en puissance régulièrement. Le fabricant canadien me l’a mis à disposition, j’en suis l’ambassadeur. J’ai ouvert ce matin Iron Géraud, une page sur Instagram, pour expliquer ce que je fais au quotidien et donner de l’espoir. Au début, c’était difficile sur le plan cognitif. Il a fallu que je réapprenne à marcher, mais la semaine dernière, j’ai pu me promener sur sept kilomètres avec ma fille. C’était un vrai bonheur… »

L’abbaye accessible aux personnes à mobilité réduite

Depuis 2017, la section Handisport du Cercle Jules-Ferry de Saint-Malo est référente pour permettre aux personnes à mobilité réduite, titulaires d’une carte handicapée, de visiter l’abbaye du Mont-Saint-Michel. Les bénévoles les prennent en charge en joëlette. Elles peuvent ainsi suivre la visite guidée, en compagnie de leur famille ou amis. « L’idéal est de réserver un ou deux mois à l’avance pour faire concorder la disponibilité du guide-conférencier et celle des bénévoles », indique Philippe Dugué.

« La vie n’est pas pour autant simple tous les jours, la maladie m’occupe à mi-temps », concède cet homme qui entame sa journée par une heure de yoga et une heure d’entraînement physique. « Il faut de la volonté, se fixer des objectifs et de l’humour… Si ce matériel était remboursé par l’Assurance-maladie, comme peuvent l’être certaines prothèses, ça changerait la vie de bien des malades… ».

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