- Une décision de justice donne huit mois à un berger dans la baie du Mont Saint-Michel pour déconstruire son exploitation.
- En litige avec une association qui juge son exploitation non conforme à la loi Littoral, il a choisi de se battre avec le soutien des élus locaux pour continuer à exercer.
Un combat de longue date encore loin d’être achevé. François Cerbonney, berger dans la baie du Mont Saint-Michel, pensait sincèrement pouvoir sauver son exploitation. Mais une décision de justice, prononcée après près de dix ans de procédure, lui donne huit mois pour déconstruire son exploitation, sans quoi il devra payer 60 euros d’astreinte par jour, soit 1.800 euros par mois.
« Je n’ai pas les moyens »
, déplore-t-il auprès de TF1, dans le reportage en tête de cet article. « Je me verse un salaire de 1.000 euros par mois. C’est moins que le SMIC, j’ai des choses à payer là-dessus. »
Pour François, cette décision de justice a été un véritable « coup de massue »
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Ça m’a découragé, ça m’a abasourdi. Plus envie de continuer, tellement j’étais assomé.
Ça m’a découragé, ça m’a abasourdi. Plus envie de continuer, tellement j’étais assomé.
François Cerbonney, berger dans la baie du Mont Saint-Michel
À l’origine de cette décision de justice, un conflit avec l’association Manche Nature Environnement, qui affirme que l’exploitation de François est de taille industrielle alors qu’elle se trouve sur un terrain protégé par la loi Littoral. L’association se battait depuis de nombreuses années pour faire annuler le permis de construire de l’éleveur. Contactée par TF1, l’association n’a pas répondu à nos sollicitations, mais son avocat voit en cette décision la fin d’un passe-droit pour l’éleveur.
Préserver une tradition d’élevage
Malgré la décision de justice, François Cerbonney bénéficie au moins de soutiens locaux, qui estiment qu’il respecte la loi Littoral et doit pouvoir continuer son activité. « Les paysans ont le droit de travailler, on ne va pas faire un musée du littoral, »
souligne Christiane, membre du collectif BAD (Bergerie à défendre). « Il faut l’encadrer, on est tous d’accord, mais il faudrait quand même avoir un peu de jugeote. »
Car les moutons de prés-salés font partie intégrante du paysage du Mont Saint-Michel. « On se bat pour que notre élevage, notre tradition perdure ici. Je voudrais que le bon sens s’en sorte dans cette affaire, et qu’on maintienne cette bergerie qui ne dérange personne »
, déclarait déjà François au micro de TF1 il y a trois ans.
À l’époque, il s’était vu proposer un terrain privé à quelques centaines de mètres de son exploitation, mais avait jugé qu’il ne correspondait pas aux critères de son élevage AOP. « Ce terrain-là est vraiment petit. (…) Il est assez éloigné de l’herbus, donc on ne peut pas faire de mise à l’herbe de bonne heure, parce qu’il n’y a aucun terrain attenant pour sortir les agneaux. C’est pourtant ce que l’on doit faire en appellation bio : dès qu’ils ont six semaines, les agneaux doivent aller dehors tous les jours »
, avait-il justifié.
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François Cerbonney peut également compter sur le soutien d’élus locaux : David Nicolas, président de la communauté d’agglomération Mont Saint-Michel-Normandie, affirme que collectifs et élus vont « continuer à travailler de manière à permettre à cette bergerie de perdurer dans le temps »
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« Cette bergerie dans laquelle nous nous trouvons n’est rien d’autre qu’une structure sur poteaux en bois, sur terre battue, qui n’a absolument rien d’industriel, contrairement à ce qu’on peut entendre dans les différents jugements, »
martèle-t-il.
Si le combat est encore loin d’être terminé, ces soutiens auront au moins eu l’effet de redonner espoir à François Cerbonney. Lui qui était prêt à baisser les bras a finalement décidé de continuer à se battre, et déposera une nouvelle demande de permis de construire avant le mois de juin.
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