Le styliste Jacquemus utilise le Mont-Saint-Michel dans une publicité : « colère et déception » de l’établissement public

Thomas Velter, directeur général de l’établissement public du Mont-Saint-Michel, a exprimé son mécontentement sur les réseaux sociaux après avoir découvert la nouvelle campagne de publicité de la maison de couture Jacquemus. Il répond aux questions d’ICI Cotentin ce mardi.

Quand la maison de luxe Jacquemus utilise l’image du Mont-Saint-Michel dans une de ses campagnes de publicité sur les réseaux sociaux, sans demande préalable et sans contrepartie, ça fait bondir l’établissement public du Mont-Saint-Michel. « Colère mais surtout déception« , explique Thomas Velter, le directeur général de l’établissement public qui a découvert, sur les réseaux sociaux,  tournées dans la baie, dans les prés salés, avec le Mont et Tombelaine comme décor.Sur LinkedIn, il écrit : « il serait éthiquement sain et respectueux de ne pas utiliser et s’approprier le Mont-Saint-Michel, joyau de notre patrimoine français, comme un pur objet commercial ! Cette campagne de publicité lancée sans consultation de l’établissement public national du Mont-Saint-Michel pose une nouvelle fois la question de l’utilisation commerciale – et sans contrepartie – de sites patrimoniaux et environnementaux. »

Interrogé par ICI Cotentin, Thomas Velter reconnait que « les images sont magnifiques » mais regrette l’utilisation de l’image de la Merveille sans demande préalable, ni contrepartie comme du mécénat pour aider à la rénovation du patrimoine, d’autant que la maison de luxe est, dit-il,  à « mettre en valeur des lieux patrimoniaux » dans ces campagnes et qu’elle le fait pour d’autres lieux qui lui ont servi de décor « comme au château de Versailles« .

« Évidemment qu’il ne s’agit pas de monétiser pour tous les particuliers et tous les touristes, l’image du Mont-Saint-Michel, ajoute-t-il.  Le patrimoine en France, vous savez l’état dans lequel il est. Pour le Mont-Saint-Michel, c’est 40 millions d’euros d’investissements à prévoir sur les dix prochaines années, donc tous les établissements publics, que ce soit Chambord, Versailles ou autre, font appel à des mécènes.  Nous avons sollicité il y a deux ans Jacquemus pour leur dire ‘venez au Mont-Saint-Michel, on peut imaginer une très belle collaboration, on a un patrimoine unique au monde’. Pas de réponse de Jacquemus et deux ans plus tard, on voit cette publicité ! »

La Merveille compte pour le moment sur une vingtaine de mécènes, c’est-à-dire des partenaires privés qui apportent un soutien financier. Contactée, la maison de couture du styliste Simon Porte Jacquemus, né à Salon-de-Provence, n’a pas répondu aux sollicitations d’ICI Cotentin pour expliquer sa démarche.