« Nous allons totalement rénover l’Auberge de la Mère Poulard » : de nouvelles ambitions touristiques au Mont Saint-Michel

C’est l’une des marques françaises les plus célèbres au monde, malgré la taille modeste de l’entreprise qui la détient. Et mercredi 8 octobre, elle a fait l’actualité en annonçant céder son activité de biscuits vendus en grande distribution au groupe biscuitier Aux Trois Cigognes de Luc-Pierre Verquin. Elle souhaite ensuite investir dans la modernisation de ses 25 établissements et points de ventes, tous situés sur le Mont Saint-Michel
, dont la célèbre Auberge de la Mère Poulard connue pour ses omelettes réalisées selon la recette ancestrale d’Annette Poulard. Un nouveau virage stratégique pour cette entreprise qui a considérablement développé ses activités depuis la fin des années 1980.

En 1986, Eric Vannier qui vient d’hériter d’un musée sur le site, rachète l’auberge emblématique. En 1998, il crée l’activité de biscuits avec son unité de fabrication à une trentaine de kilomètres du site normand. Et en 2019, il mise sur la production de volumes importants en réservant 100 % de sa production aux enseignes de la grande distribution en France et dans 60 pays. Depuis, il a doublé la production en cinq ans. Cette activité va réaliser un chiffre d’affaires de 28,8 millions d’euros en 2025 (+ 8 % par rapport à 2024) et emploie 95 salariés en CDI (en moyenne 120 équivalents temps plein à l’année).

Eric Vannier, 72 ans, est aujourd’hui le président d’un groupe qui va donc se recentrer désormais sur ses 25 commerces, hôtels, boutiques, trois musées, et la célèbre auberge. Il réalise 25 millions d’euros de chiffres d’affaires et emploie 140 salariés (en moyenne 160 ETP à l’année et jusqu’à 250 ETP en haute saison). Son fils Léo, 33 ans, vice-président du groupe, fait le tour de ses ambitions.

Challenges –
 Pourquoi vendez-vous une activité aussi florissante ?

Léo Vannier
 
 Nous avions de longue date des réflexions stratégiques sur le périmètre de notre groupe. C’est ainsi que nous avions décidé en 2019 de cesser la vente de nos biscuits en magasins propres pour nous focaliser sur la grande distribution. Cela nous a permis de doubler notre production en cinq ans. Mais aujourd’hui, nous opérons dans deux métiers qui mobilisent beaucoup de capitaux, l’agroalimentaire d’un côté et le tourisme de l’autre, et nous ne pouvions plus poursuivre nos investissements dans les deux à la fois.

Vous avez eu beaucoup de candidats au rachat de votre marque de biscuits ?

Oui, plusieurs groupes européens d’agroalimentaire et des fonds d’investissement nous ont fait des offres fermes. Mais nous avons choisi un entrepreneur français qui nous ressemble. Luc-Pierre Verquin a eu une première réussite dans la confiserie avec les célèbres bonbons Têtes Brûlés qu’on a tous adorés dans notre enfance. Il a vendu cette activité et est en train de constituer un groupe dans les biscuits avec, outre La Mère Poulard, deux autres biscuiteries historiques dans les Hauts-de-France. Il va développer l’activité et reprend bien entendu la totalité du personnel. Je précise que nous allons continuer à vendre les biscuits de la marque dans nos trois boutiques de souvenirs.

A quoi ressemble désormais votre groupe recentré sur les hôtels et commerces du Mont Saint-Michel ?

Nous avons cinq métiers : la restauration, l’hôtellerie, la vente à emporter, les boutiques de souvenirs et les musées, soit 25 commerces. Nous sommes le premier acteur économique du site. Depuis 2015, nous étions dans une phase de reconstruction, bien plus longue que prévu en raison des crises qui ont affecté le tourisme ; la plus grave a été l’épidémie de Covid. En raison des périodes de confinement, le Mont Saint-Michel a été fermé au public pendant un an au total. Nous avions alors dû demander des prêts garantis par l’Etat que nous continuons à rembourser, mais sans jamais avoir été étranglés par notre endettement.

Vous êtes aujourd’hui dans une phase de développement. Quels sont vos projets ?

En 2024, nous avons lancé un programme baptisé Horizon 2030, même s’il court jusqu’en 2032. Nous faisons le constat que les visiteurs du site ont beaucoup changé. C’est un public de plus en plus varié, avec des niches très fortes qui sont aussi des axes de développement tels que les passionnés d’histoire, les épicuriens, ceux qui veulent découvrir la baie, les fidèles en pèlerinage qui sont plus jeunes et plus nombreux… Nous investissons dans plusieurs directions : la création d’une plateforme de réservation « My Mont Saint-Michel », lancée à l’été 2025. Nous voulons promouvoir la destination pour que les visiteurs restent plus longtemps, passent une nuit sur place et pas seulement une visite dans la journée. Aujourd’hui, le nombre de nuitées est inférieur à la moyenne nationale. Deuxième volet : nous investissons dans la rénovation de nos commerces. Ces investissements étaient programmés depuis longtemps, mais avaient été gelés en attendant des jours meilleurs.

Vous allez moderniser vos trois musées du Mont Saint-Michel ?

Oui, ils sont consacrés à l’histoire du Mont, au grand projet de désensablement notamment, mais ils ont vieilli et doivent être plus immersifs, plus participatifs, plus ludiques et adaptés aux enfants et familles. Nous prévoyons aussi de créer un atelier culinaire pour dispenser une formation diplômante d’« omelettier », un métier que nous voulons promouvoir avant tout auprès de nos jeunes recrues. Et le troisième volet de notre plan de développement concerne l’Auberge de la Mère Poulard elle-même. Nous allons totalement rénover le restaurant. Nous avons recruté le chef, Meilleur ouvrier de France, Christophe Pacheco. Et notre directeur général Frédéric Vincent, passé par le Groupe Barrière et les îles Paul Ricard et arrivé au printemps 2024, nous apporte son expérience solide dans la restauration et l’hôtellerie.

Quel est votre objectif chiffré à l’horizon 2032 ?

Nous prévoyons un chiffre d’affaires en hausse de 20 à 25 %.

La mission de montsaintmichel.net est de rassembler en ligne des journaux autour de Mont Saint Michel pour ensuite les présenter en tâchant de répondre du mieux possible aux interrogations du public. Ce post a été prélevé d’internet par l’équipe de montsaintmichel.net du seul fait qu’il se présentait dans les colonnes d’un média consacré au thème « Mont Saint Michel ». Cette chronique est reproduite du mieux possible. Vous avez l’opportunité d’utiliser les coordonnées inscrites sur le site pour indiquer des précisions sur ce contenu sur le thème « Mont Saint Michel ». Il y a de prévu plusieurs travaux sur le sujet « Mont Saint Michel » bientôt, nous vous invitons à naviguer sur notre site web aussi souvent que possible.