Elle fait la renommée de ce petit village de Haute-Garonne, situé à seulement 18 km de Saint-Gaudens et à environ 1h30 de route de Toulouse. C’est grâce à ce monument haut perché, datant du XIᵉ siècle, qu’on lui doit son surnom de « Mont Saint-Michel des Pyrénées ». Mais des éléments majeurs de l’édifice ont été fragilisés par le temps et ce joyau a besoin d’être restauré…
Un édifice qui vaut le détour
La cathédrale Sainte-Marie de Saint-Bertrand de Comminges est un joyau architectural. Classée Monument Historique, elle renferme… un crocodile ! Rien que pour cette curiosité, exposée telle un trophée, l’édifice vaut le détour. Et pour lui redonner tout son charme, la mairie de Saint-Bertrand de Comminges a lancé, en septembre dernier, un appel aux dons afin d’y engager de nouveaux travaux de restauration.
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Un crocodile dans la cathédrâle
Elle fascine jusque dans la Ville rose. La cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges est l’un des monuments immanquables du département. Dans la salle du conseil municipal de Toulouse, tout récemment rénovée, un grand tableau de William Didier-Fouget daté de 1912, la met à l’honneur. C’est dire.

Ceux qui ont toute l’occasion de l’admirer, de plus près et en vrai, ce sont les pèlerins. Car la cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges est aussi inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, par la Via Garona (le GR 861).
C’est justement l’un de ces pèlerins qui aurait rapporté ce curieux crocodile empaillé et exposé dans l’édifice. Il s’agit d’un ex-voto, une offrande faite à saint Bertrand au XIVᵉ siècle en remerciement de sa protection. D’autres retiennent plus facilement la légende autour du reptile qui dit que saint Bertrand l’aurait occis d’un coup de bâton pastoral pour l’empêcher de dévorer les jeunes femmes avant leur mariage…

Bâton pastoral, médaille d’Henri IV…
Au-delà de son crocodile, la bâtisse abrite de véritables trésors : « de magnifiques objets et vêtements liturgiques dont deux chapes brodées offertes par le pape Clément V, le bâton pastoral de saint Bertrand, façonné dans une défense de narval », détaille la Fondation du patrimoine.
Un bâton d’ivoire volé par les Huguenots en 1586, récupéré et longtemps conservé par un capitaine chargé de la sécurité de la cité. Catherine de Médicis interviendra elle-même, en demandant à son fils, Henri III, que soit rendu l’objet de dévotion aux fidèles. Chose qui sera faite, mais seulement en 1601, sous le règne d’Henri IV.
Un roi dont la médaille est aussi exposée dans la cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges. On ignore, d’ailleurs, encore comment cette pièce très rare est arrivée dans ce lieu.
En son chœur, de remarquables stalles toutes en boiseries et marqueteries. De l’extérieur, la forme pyramidale de son clocher-donjon finit de marquer sa signature, couronné par ses 14 impressionnants contreforts.
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Des éléments majeurs fragilisés par le temps
Il faut aujourd’hui lui offrir une seconde jeunesse. Plusieurs de ses éléments majeurs ont été fragilisés par le temps, à commencer par le tympan. « Cela fait dix ans déjà que nous devions le restaurer. Un champignon s’y développe, ce qui abîme la pierre, déplore Marie-Claire Uchan, maire de Saint-Bertrand de Comminges. Ça sera la première urgence ».

Victime d’infiltrations d’eau, « il faudra retravailler toute l’étanchéité des terrasses de la cathédrale » et refaire une partie de la toiture en ardoise du clocher. « Une poutre très endommagée doit être changée ». Des gargouilles et contreforts, restaurés.
Des travaux avaient déjà été engagés dans le cadre d’une collecte organisée avec la Fondation du patrimoine entre 2019 et 2022. L’orgue, classé Monument Historique, et qui fait partie de l’un des plus beaux d’Europe, avait notamment été réhabilité. Lui aussi vaut le coup d’œil. Son décor évoque les 12 travaux d’Hercule. Son buffet culmine à 16 mètres de hauteur. Pendant la Révolution, ses tuyaux sont fondus pour être transformés en munitions.

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Un chantier à 1,6 million d’euros
Ce futur chantier va se chiffrer à environ « 1,6 million d’euros », sur plusieurs années, indique Marie-Claire Uchan. Au regard de son budget, le village a irrévocablement besoin d’un gros coup de pouce. « Au maximum, on a investi 120 000 euros par an pour la commune. Mais en général, on est autour des 50 000 à 60 000 euros », souligne l’élue.
Ce chantier s’effectuera en trois tranches, et pour chacune, « nous ferons des demandes de subvention ». Le maître d’œuvre sera recruté « courant février 2026 » pour un lancement des travaux un an après.
Cette réhabilitation vise à garantir un meilleur accès du site pour les visiteurs. Ils sont, en moyenne, près de 100 000 à se déplacer chaque année pour découvrir l’un des plus beaux villages de France. Et presque autant à franchir les portes de la cathédrale dans ce village qui ne compte que 260 habitants.
Petites communes riches… par le patrimoine
Saint-Bertrand de Comminges fait partie de ces communes en détresse. Celles qui ont une richesse inestimable, celui de son patrimoine, mais qui n’ont pas dans leurs caisses les deniers nécessaires pour polir leurs joyaux.
« Il y a le patrimoine qui est entretenu par l’État, et celui par les communes », présente Marie-Claire Uchan, maire de Saint-Bertrand de Comminges. La Haute-Garonne compte trois cathédrales. Seule l’une d’elles peut être à la charge de l’État. L’élue ? Celle de Saint-Étienne, dans la Ville rose. « Alors que Toulouse a davantage les moyens d’entretenir son patrimoine par rapport aux villages comme nous, Rieux-Volvestre et Saint-Bertrand de Comminges », note l’élue.
Riche patrimoine rime aussi avec attrait touristique qui apporte, certes, une belle activité à ces villages et profite à l’économie locale, mais implique aussi des frais de vitrine. « Je dois maintenir mon village propre, à la hauteur des attentes, et je n’ai pas de moyens. On fait appel au bénévolat », prend en exemple Marie-Claire Uchan.
Les moyens humains aussi manquent. « En moyenne ingénierie, pour monter des dossiers, nous n’avons pas de directeur des services. Ce sont des nuits de travail, on ne peut pas faire autrement. »
Via l’appel aux dons lancé par la Fondation du patrimoine, la commune espère récolter 100 000 euros.
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