Aux origines de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, entre histoire et légendes

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Baie du Mont-Saint-Michel. Baie du Mont-Saint-Michel.

« Château de fées planté dans la mer. Ombre grise dressée sur le ciel brumeux. L’abbaye escarpée, poussée là-bas, loin de la terre comme un manoir fantastique, restait presque noire dans les pourpres du jour mourant… », écrivait Guy de Maupassant (La Légende du Mont-Saint-Michel, 1882). Mille ans après la pose de la première pierre de l’abbaye actuelle, le « Château de fées planté dans la mer », alias Mont-Saint-Michel, première destination touristique en France hors de Paris, fascine toujours.

A l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron, prévue lundi 5 juin à l’occasion des célébrations de ce millénaire, Le Monde des religions revient aux origines de ce prodige architectural, entre histoire et légendes.

Les trois apparitions de l’archange Michel

Selon la tradition, sous le règne du roi Childebert, sans doute Childebert III (695-711), l’archange Michel est apparu en songe à Aubert, évêque d’Avranches, pour lui ordonner de construire une église en son honneur. Le lieu désigné est le mont Tombe, nom d’origine du Mont-Saint-Michel, signifiant à la fois tumulus et tombe.

Un texte du début du IXᵉ siècle écrit par un chanoine local, Révélation concernant l’église de l’archange saint Michel, assure qu’il fallut à l’archange trois visites pour vaincre l’incrédulité de l’évêque ; à la troisième visite, il lui aurait perforé le crâne avec son doigt. Ainsi assuré de l’origine divine de ses songes, l’évêque fit construire, à l’ouest de la pointe du rocher, une église qui était une réplique du sanctuaire italien du mont Gargan, dans les Pouilles, où saint Michel serait apparu dès la fin du Vᵉ siècle.

Pour assurer la garde du nouveau sanctuaire, saint Aubert fit appel à une communauté de douze religieux, sans doute des chanoines réguliers – à la fois moines et prêtres. Le mont Tombe est très vite devenu un lieu de pèlerinage pour les fidèles voulant se placer sous la protection de saint Michel, intercesseur privilégié entre les hommes et Dieu. Dans la tradition chrétienne, l’archange a en effet pour mission de terrasser le dragon, symbole du mal, mais il pèsera aussi les âmes lors du Jugement dernier, et conduira les élus au paradis.

Chapelle Notre-Dame-sous-Terre, au Mont-Saint-Michel. Chapelle Notre-Dame-sous-Terre, au Mont-Saint-Michel.

Au Xᵉ siècle, l’abbé Odon de Cluny [mort en 942] désigne pour la première fois le mont Tombe sous le nom de Mont-Saint-Michel. En 965 ou 966, les chanoines sont remplacés par une communauté de douze moines bénédictins qui édifient un nouveau monastère. Mais de cette abbaye préromane ne subsiste aujourd’hui que l’église Notre-Dame-sous-Terre, vénérable sanctuaire construit à l’emplacement de celui qu’avait consacré saint Aubert.

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