Dans la baie du Mont-Saint-Michel, la ferme aux 20 000 homards

Près de Granville, la première ferme française de homards développe ses jeunes bébés crustacés. Ambition : 20 000 homards bleus en 2025. 






De notre correspondant à Caen, Jean-Pierre Beuve


Une case pour chaque larve, car elles sont cannibales.
Une case pour chaque larve, car elles sont cannibales.
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Sur les côtes normandes et bretonnes, on pêche le homarus grammarus plus connu sous le nom de homard bleu. Son congénère canadien, le homarus americanus, tire plutôt sur le brun. Point commun : tous deux rougissent à la cuisson.

« À Hongkong, deuxième spot mondial pour la consommation de fruits de mer, on ne mange que du homard canadien. Le bleu normand, on ne connaît pas », constate Thierry Rochas, 53 ans, issu du milieu du vin et expatrié sept ans dans un restaurant à Hongkong.

De retour en France, le pari un peu fou de faire connaître le homard bleu en Asie ne le quitte pas. « La pêche française, couvrant un tiers du million de homards consommés en France, reste l’élevage si on veut exporter, analyse Thierry Rochas. En laboratoire, le procédé est déjà maîtrisé, reste à le développer de manière plus large. »

En bassin jusqu’à la taille adulte

Ainsi, des fermes de homards existent déjà en Irlande, en Écosse et au Canada. Cependant, les juvéniles sont relâchés dans le milieu naturel à des fins de repeuplement ou de pacage marin. En Normandie, l’objectif reste d’élever en bassin le homard jusqu’à sa taille adulte.

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Avant de lancer son projet, le futur éleveur et son associé, Guillaume Ronan, absorbent toute la littérature technique disponible, s’entourent des conseils de deux étudiants en biologie marine, dont Enola Brevant, spécialisée dans l’alimentation animale, et entrent en contact avec une ferme à homards de Gaspésie, au Québec.

En 2021, le défi est relevé avec la création de la société King Lobsters (homard royal) Normandie qui s’installe dans ses ateliers de 900 mètres carrés à Bréville, près de Granville (Manche). À la nurserie dans un conteneur s’ajoute le bassin d’élevage. En attendant ses premiers homards d’élevage adultes, l’entreprise se livre à une classique activité de mareyage : achat en criée de crustacés et revente aux restaurateurs.

30 % jusqu’à la taille adulte

« En août 2022, nous avons prélevé les premiers œufs sur des femelles bien grainées. Elles libèrent les œufs naturellement dans l’écloserie », précise Thierry Rochas, président de la société. Dans les incubateurs, les larves flottent entre deux eaux et sont nourries avec des micro-organismes. Au bout de trois semaines, le futur homard est aussi minuscule, que l’ongle d’un petit doigt. « En milieu naturel, seules deux larves sur 10 000 survivent, nous avons pour objectif d’en amener 30 % à la taille adulte » , annonce le président.

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À mesure qu’il croît, le crustacé est déplacé dans différents bassins. Au terme de plusieurs mois, on l’entrepose dans une petite boîte où il prospère. Tout seul, car l’animal a une fâcheuse tendance au cannibalisme, ce qui explique aussi le très faible taux de reproduction en milieu naturel.

Les premiers homards bleus indoor, qui sont attendus pour 2025, iront à l’export à Hongkong mais aussi à Dubai. « À l’export, on est payé avant la livraison. Mais surtout pas question de concurrencer les pêcheurs français », prévient Thierry Rochas.

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Pour se lancer, King Lobsters Normandie a mobilisé 1 million d’euros : outre les investissements des dirigeants et leurs proches s’y ajoutent 467 000 euros de la région Normandie, dont 328 000 euros du Fonds européen des affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture. S’y ajoutent 546 000 euros apportés par 176 investisseurs via la plateforme de financement participatif Tudigo. Une deuxième ferme à homards bleus est déjà prévue à Saint-Pierre-et-Miquelon.

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