L’élanion blanc, un « rapace exceptionnel », prend ses quartiers dans la baie du Mont Saint-Michel

« C’était un rapace encore exceptionnel avec moins de dix données en 50 ans, il y a deux ans, annonce l’ornithologue Sébastien Provost, créateur et responsable de Birding Mont Saint-Michel. L’année 2023 marque vraiment un tournant dans l’histoire de l’ornithologie locale, avec des observations dans différentes communes du territoire comme Tirepied-sur-Sée, Précey, Vains. Et l’installation d’un couple dans les environs de Genêts. »

Yeux rouges

Aux abords du bourg, des adultes étaient observés occasionnellement depuis le printemps. « Début août, accompagné de mes enfants, j’ai essayé de suivre un adulte qui transportait une proie dans ses serres, je l’ai suivi aux jumelles sur une grande distance et j’ai alors remarqué la présence de trois oiseaux en vol, raconte Sébastien Provost. À l’aide de Maps et des accès possibles au cœur du Bocage, j’ai fini par localiser le territoire. Le nid est perché dans un chêne au milieu du bocager. La famille de rapaces s’est émancipée mi-août donc assez tardivement car il reste un rapace encore méridional. »

Le couple a élevé quatre jeunes, « ce qui est bien comparé à d’autres couples ». Sébastien Provost se souvient encore de sa première observation de cet oiseau de proie aux yeux rouges originaire d’Afrique, à la fin des années 90 en Espagne. « À l’époque, c’était presque le seul endroit en Europe où on pouvait avoir la chance de le voir. Vingt-cinq ans plus tard, je n’aurais jamais imaginé observer une famille de ce beau rapace dans la baie du Mont-Saint-Michel. »

Colonisation progressive

Parmi les raisons pouvant expliquer son expansion dans nos régions : son adaptation à des habitats naturels différents et, bien sûr, le réchauffement climatique. « Mais il a aussi une grande capacité de colonisation. Il est capable de nicher plusieurs fois dans l’année, parfois dès l’âge de six mois et jusqu’à quatre fois comme constaté récemment en Bretagne. C’est le seul rapace d’Europe à faire cela. En Charente-Maritime, un couple a par exemple élevé 22 jeunes en seulement deux ans », indiquent Nidal Issa et Lionel Manceau, ornithologues spécialistes de l’espèce. L’Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, la Mayenne ont vu leur effectif d’élanions fortement progresser ces dernières années. Sébastien Provost conseille d’ouvrir l’œil. « Un rapace qui vole sur place en bord de route n’est pas obligatoirement un faucon crécerelle. Oiseau nomade, l’élanion peut effectuer des centaines de kilomètres, aussi vous le verrez tôt ou tard dans la région. »

500

L’élanion blanc a niché pour la première fois en France en 1990, après s’être installé dans la péninsule ibérique dans les années 1960-1970. « L’effectif estimé en France aujourd’hui s’élève à plus de 500 couples. 30 départements ont été colonisés. L’installation de l’élanion blanc dans notre pays est donc bien en marche », précisent Nidal Issa et Lionel Manceau.

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