Saint Michel résiste en Orient

Dès le premier siècle, saint Paul mettait en garde les chrétiens de Colosses, dans le sud-ouest de l’actuelle Turquie, contre « ceux qui se complaisent dans le culte des anges » (Col 2, 18), témoignant ainsi que les anges étaient déjà très (trop) vénérés dans les premières communautés chrétiennes de Phrygie. L’apôtre fut peu écouté, semble-t-il, puisque trois siècles plus tard, le concile de Laodicée, une ville de la même région, dut condamner comme « idolâtre » la vénération pour les anges.

Cela n’empêcha pas qu’au Ve siècle, une légende commença à circuler, selon laquelle saint Michel aurait fait jaillir une source miraculeuse à Chônai, sur le site même de l’ancienne ville de Colosses, guérissant une jeune fille muette. Un oratoire y fut construit en l’honneur de l’archange et fit l’objet de pèlerinages.

À Constantinople, 35 lieux de culte à saint Michel

À la même époque, la vénération pour Michel s’était répandue dans d’autres régions d’Asie mineure, ainsi qu’en Égypte. Le long du Nil, d’abord, comme en témoignent Didyme l’Aveugle (313-398) et des légendes coptes à partir du IVe siècle : « Saint Michel y était vénéré comme ange du peuple, guide des âmes, exorciste, protecteur des eaux fluviales, des navigateurs et des paysans », explique Giorgio Otranto (1), historien du christianisme. « Ailleurs en Égypte, poursuit-il, l’archange fut mis en rapport étroit avec le dieu des morts Osiris, et l’on en soulignait la fonction de psychopompe, guerrier, médecin et aide des parturientes. »

À Constantinople, nouvelle capitale de l’empire, Constantin (v. 272-337) fit reconstruire un sanctuaire, précédemment dédié à Vesta, pour saint michel, lequel lui serait apparu en 312 et en 314. Ce dénommé Michaelion, explique Anne Bernet (2), journaliste et historienne, est encore aujourd’hui « un sanctuaire si vénéré que les orthodoxes célèbrent toujours sa dédicace, le 8 juin ». Dans les premières décennies du VIIIe siècle, avant le début de la période iconoclaste, la ville et sa région comptaient 16 lieux de culte à l’archange, dressés souvent sur d’anciens sanctuaires liés à Apollon. Au XVe siècle, ils étaient au nombre de 35.

En Syrie, le culte michaélique se développe dès le Ve siècle. Néanmoins, Sévère, patriarche d’Antioche (512-538), demanda que l’on cesse de représenter les anges avec couronne et globe, qui suggèrent « un pouvoir universel », selon Giorgio Otranto. Il proposa que la sanctification des églises dédiées à leur culte soit « garantie » par la présence de reliques de martyrs. « C’est pour cette raison qu’en Orient le culte de ces derniers a souvent été associé à celui des anges et a contribué à en diffuser la dévotion », reprend l’historien.

Peu de succès en Palestine

En Palestine, en revanche, à part à Jérusalem et au mont Carmel, Michel a peu de succès. De même, en Grèce, on en a peu de traces à cette époque. Cependant, le monastère de Panormitis (lire ci-contre et les repères), dont la construction pourrait remonter au Ve siècle, revêt une importance particulière.

Malgré la crise iconoclaste byzantine, au VIIIe siècle, qui a vu la destruction de certains sanctuaires et d’icônes dédiés à Michel, le culte des anges et de leur chef est resté bien vivant dans le monde orthodoxe. Comme le rappelle le hiéromoine Macaire du monastère de Simonos Pétra au mont Athos (3), « des témoignages de cette présence des anges dans notre vie nous ont été donnés récemment par des saints comme le père Éphrem de Katounakia (mort en 1988 et canonisé en 2019, NDLR), le père Dimitri Gagastathis (mort en 1975, NDLR) ou le père Tikhon, l’ascète russe de Kapsala (mort en 1971, NDLR) qui vivaient littéralement en présence des archanges Michel et Gabriel, et avaient coutume lorsqu’ils célébraient la Divine Liturgie de les voir les assister dans la célébration ».

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